Belgicismes : Guide pour être un vrai dikkenek du parler belge (niveau 2)

Vous aviez appris les bases des belgicismes dans ce premier article ? Désormais, il est grand temps de passer à la vitesse supérieure !


En soirée

Ca y est, en tant qu’expat, tu commences à connaître des gens, à sortir, à boire une, deux, trois bonnes bières belges (ATTENTION : ceci est un piège d’ailleurs ! Ne vous fiez pas aux apparences ! Sous leurs airs de Kronembourg, les bières belges vont vous faire partir très très vite…!) et là, sans prévenir, on te sort sur fond sonore du Grand Jojo, LE Patrick Sébastien belge :

« Allez, viens on va guindailler, affoner tout ce qu’on trouve et se prendre une bonne douffe sans que le sorteur nous voit ! Bon, d’office on va devoir trouver un Bob pour ne pas passer la nuit à l’Amigo, sinon on reprendra la voiture en stoem« .

Réflexe : penser « Quoi ? Suis-je déjà ivre ? Ma troisième triple Karmeliet commence à faire effet ?« .
Traduction :

« Allez, viens on sort faire la fête, on va faire des shots / des culs-secs et se la coller sans que le videur nous voit ! Bien sûr, on va devoir trouver un Sam pour ne pas finir au gnouf, sinon, on reprendra la voiture ni-vu ni-connu« .

A noter que « stoem » est le diminituf pour « stoemmelings ».

A table & conversation de comptoir

Belgique… pays des french fries ! Oups, des fries tout court, des frites … et donc des fritkots (baraques à frites !). Alors bien sûr, tu débarques dans ce pays, et t’as qu’une envie : goûter toutes ces crasses et devenir une vraie goulaf !

Conversation entendue à midi dans un fritkot, entre Bruxelles et Charleroi (ceci n’est pas une reconstitution, si des personnes sont offensées, veuillez me contacter sur mon 04) :

– « Ca va fieu? Dis, pour dîner, je te prendrai bien une mitraillette sauce bicky, avec une fricadelle, un poulycroc et une choppe… ah, et une rawète de sauce Dallas ».
– « Pas de soucis mchou« .
Le gars du fritkot prépare et tend le repas:
– « S’te plait« .
– « Oufti, tu y as été fort sur la sauce! Ca va plèquer! Mais c’est comme ça que ça me goute le mieux ! Dis, ce soir on se ferait pas un kicker au café? »
– « Non di dju ! T’es biesse, tu sais bien que bobonne m’attend avec les kets et les nounouches… »
– « Arrête tes carabistouilles, et ramène tes couil*es ! »
– « Oui peut-être! Que du contraire! Je dois mordre sur ma chique… La vie de famille, les responsabilités que veux-tu fieuT’as facile toi en étant célibataire…
– « Oh tu sais, le peï que je suis aimerais bien être bleu d’une meï ... et voir de la quiquine plus souvent! »
– « Haha, quelle klette ce peï ! Bon, je te laisse avant qu’il se mette à dracher. Donne une baise à ta femme quand même ! »

Bardaf ! Mon monde s’écroule ! Au-delà de mon taux de cholestérol qui a dû grimper d’un seul coup en voyant le menu servi, quel était donc cet étrange échange entre ces deux hommes ? Avaient-ils toutes les frites dans le même sachet (la lumière à tous les étages) ? Retranscription s’il vous plait !

– « Ca va, chef ? Pour déjeuner, je te prendrai bien un pain avec une saucisse et des frites, une sauce bicky (inconnue au bataillon en France!), avec une saucisse panée, un poulet pané et une bière… ah, et une rab’de sauce Dallas ».
– « Pas de soucis l’ami ».
Le gars du fritkot prépare et tend le repas:
– « Et voici ».
– « Et ben, tu y as été fort sur la sauce! Ca va coller partout ! Mais c’est comme ça que je les préfère ! Dis, ce soir on se ferait pas un baby-foot au bar ? »
– « Nom de dieu ! T’es idiot, tu sais bien que ma femme m’attend avec les gamins et les animaux… »
– « Arrête tes conneries, et ramène ton cul ! »
– « C’est ça oui ! Bien sûr que non! Je dois serrer les dents… La vie de famille, les responsabilités que veux-tu … C’est facile pour toi en étant célibataire…
– « Oh tu sais, le bonhomme que je suis aimerais bien être amoureux d’une bonne-femme… et voir sa lulu plus souvent! » – « Haha, quel imbécile tu fais mec ! Bon, je te laisse avant qu’il se mette à pleuvoir à seaux. Fais un bisous à ta femme quand même de ma part ! »

Comme dirait La minute belge, « ceci explique cela ».

Expressions niveau avancé pour être un vrai dikkenek

Vous arrivez à un niveau intermédiaire dans le parler belge. C’est bien, mais il faut passer l’épreuve de la gymnastique linguistique du corps ! En effet, le champ des expressions est très imagé, et repose beaucoup sur les différentes partie du corps… Démonstration :

  • Avoir le gros cou (ou le fameux « dikkenek » en brusseleir) : avoir les chevilles enflées, frimer, se vanter
  • Faire de son nez / faire de sa gueule : prendre des airs importants, être prétentieux
  • Sucer de son pouce : Inventer (« et quoi ? est-ce que je suis censé le sucer de mon pouce ?« )
  • Jouer avec les pieds de quelqu’un : abuser de la patience de quelqu’un

Vous vous apprêtés à franchir un cap ! Peaufinez un peu et vous serez un vrai belge (ou du moins un français plutôt bien intégré… Ne vous découragez pas, ça arrive parfois… Sauf si vous commencez à remettre sur le tapis les 2 étoiles au foot… là, je ne pourrais plus rien faire pour vous !)

  • Quelque chose –eke : ajoutez « eke » si vous voulez désigner quelque chose de plus petit, ou quelqu’un de manière affective. Exemple : Manneke (petit homme, comme le Manneken-Pis), balleke (petite boulette de viande), Stéphanie-eke (petite Steph)…
  • Kot : studio pour étudiants (cokoteur : colocs) – à ne pas confondre avec ket (gamin) ou ketter (niq*er)
  • Brosser les cours : faire l’école buissonière
  • Etre plus catholique que le pape : être plus royaliste que le roi
  • Journal parlé : journal télévisé
  • Sucre impalpable : sucre glace
  • Brol : ce n’est pas seulement l’album d’Angèle ! Cela désigne aussi le désordre, le bordel, des choses sans valeurs
  • Clinche : poignée de porte, mais aussi quelqu’un de maladroit… légèrement idiot 🙂
  • Baraki : cas soc’ (vient de forains, qui vivent dans des « baraques ») ; on entendra d’ailleurs souvent « baraki d’kermesse » 😉

Pour améliorer votre parler belge, n’hésitez pas à regarder les vidéos de La minute belge et à m’écrire en commentaire vos autres expressions belges fétiches !


Si vous êtes de passage à Bruxelles et que vous souhaitez offrir un cadeau 100 % made in Belgium, rendez-vous dans le concept store de Belge une fois aux Marolles où vous trouverez à coup sûr des souvenirs décalés qui ont la frite (ça change de ramener des chocolats…) ! Belgitude assurée !


Pour suivre les actualités du blog, n’hésitez pas à vous abonner tout en dessous et à suivre mon compte Instagram !

Mercikes & salukes!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close